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Insécurité : Catherine Conconne tire la sonnette d'alarme

Dernière mise à jour : 14 févr. 2023



Le 5 octobre dernier, la Sénatrice Catherine Conconne adressait un courrier au Ministre de l'Intérieur pour l'alerter sur l'explosion de la délinquance en Martinique, la présence d'armes à feu et le manque de moyens en matière de lutte contre l'insécurité. La crise qu'a traversée la Martinique ces dernières semaines montre combien ces problématiques appellent une réponse urgente. N'ayant pas reçu de réponse de la part du Ministère, Catherine Conconne adresse ce jour un nouveau courrier au Ministre. Vous trouverez ses 2 courriers ci-dessous.



 


Paris, le 5 octobre 2021


Monsieur le Ministre,


Dans la lignée du Beauvau de la Sécurité et dans la perspective du projet de loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure en préparation par vos services, j’aimerais attirer votre attention sur la situation particulière de la Martinique qui connaît une explosion de la délinquance liée, notamment, au trafic de drogue.


La Martinique enregistre ainsi sur les 9 premiers mois de l’année 2021 et uniquement en zone police (qui couvre les 2 communes les plus importantes sur les 34 communes que compte la collectivité), 45 tentatives d’homicide et 9 homicides. Sur cette même période et dans les mêmes communes, 52 armes à feu ont été saisies par les forces de l’ordre. Même si la hausse de la délinquance globale concerne beaucoup d’endroits en France, l’augmentation des tentatives d’homicide de plus de 100 % en Martinique pour les premiers mois de l’année est alarmante. Les violences sexuelles sont, quant à elles, en hausse de plus 40% et les vols à main armée en augmentation de 18 %.

Les chiffres que je mentionne sont ceux de la zone police mais je dois rencontrer prochainement les représentants de la gendarmerie présente dans les 32 autres communes et qui font face aux mêmes réalités et aux mêmes tendances.


Notre île était déjà l’une des régions les plus criminogènes de France et la situation se dégrade encore de façon vertigineuse au point que les forces de police ont essuyé des tirs lors des deux manifestations qui ont eu lieu contre le passe-sanitaire à Fort-de-France en juillet dernier. Ces faits inédits et extrêmement graves ont abouti à ce que 40 agents de police se trouvent blessés au cours de l’année.


Malgré cela, l’État n’a pas renforcé de manière significative son engagement en matière de sécurité dans notre territoire et des promesses faites de longue date par les différents Ministres de l’Intérieur attendent toujours leur traduction concrète. Ainsi, la mise en place d’un radar permettant de contrôler les côtes pour aider à lutter contre les trafics de drogue et d’armes a été annoncée en 2007 et n’a jamais aboutie, un scanner pour les containers est également attendu au port dans le même but, par le service des Douanes.


Sur le plan humain, les besoins de renforts sont manifestes. Il manque une cinquantaine de policiers actifs à répartir entre la brigade anti-criminalité, la police judiciaire, et la compagnie départementale d’intervention. Il convient également d’anticiper une vague importante de départs en retraite : sur un effectif de 592 fonctionnaires de police, 80 sont en prolongement d’activité.


Il me semble également urgent de définir des Quartiers de Reconquête Républicaine (QRR) qui n’existent pas encore en Martinique malgré des besoins évidents dans plusieurs communes.


Le président de la République s’est rendu le mois dernier à Marseille pour faire des annonces dans de nombreux domaines dont celui de la sécurité. Je m’en félicite pour les habitants de la cité phocéenne mais, sur quasiment tous les indicateurs, notre situation est plus préoccupante encore que celle de Marseille eu égard à notre ratio de population. Nous ne voulons plus être les grands oubliés des politiques de sécurité. C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Ministre, une réflexion de fond et des moyens adaptés à notre réalité particulière.


Pour finir, j’aimerais appuyer les demandes de décorations qui vous ont été adressées pour des fonctionnaires de police qui, au péril de leur vie, ont permis de contenir la situation explosive qui a touché Fort-de-France au mois de juillet, dans le contexte que vous connaissez d’opposition au passe-sanitaire. Leur courage doit être reconnu.


En espérant retenir votre attention sur la situation dramatique que nous traversons, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations,



Catherine Conconne



 


Paris, le 12 décembre 2021 Monsieur le Ministre, Dans le courrier que je vous ai adressé le 5 octobre dernier, je vous alertais sur l’explosion de la délinquance en Martinique et l’insuffisance des moyens en termes de sécurité. Plus de deux mois se sont écoulés depuis ce courrier et la Martinique a connu une crise sociale très importante qui a montré de façon douloureuse combien l’alerte que je vous avais adressée était fondée : une présence d’armes à feu importante, des forces de l’ordre trop peu nombreuses qui ont été ciblées une nouvelle fois par des tirs et une jeunesse en manque de perspectives qui se tourne vers la délinquance. Malgré cela, mon courrier est demeuré sans réponse de votre part. Je trouve ce silence éloquent et ce manque d’intérêt contribue à alimenter une forme de cassure entre nos territoires éloignés et l’État. Je me permets donc, ici, de réitérer les demandes que j’avais formulées, à savoir :

  • la concrétisation de la promesse de la mise en place d’un radar pour aider à lutter contre les trafics d’armes et de drogue (annonce datant de 2007) ;


  • l’achat d’un scanner pour les containers arrivant au port, pour le service des douanes ;


  • des renforts humains, notamment à Fort-de-France, où il manque une cinquantaine de policiers actifs à répartir entre la brigade anti-criminalité, la police judiciaire, et la compagnie départementale d’intervention ;


  • la mise en place de Quartiers de Reconquête Républicaine (QRR) qui n’existent pas encore en Martinique.

En espérant obtenir, cette fois, une réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations, Catherine Conconne

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